Une furieuse envie avait poussé mes pieds à sortir de ma chambre. Une fois dehors, l'incertitude me narguait déjà. Pas envie d'aller dans un endroit où il y avait plein de monde, pas envie non plus d'aller dans un endroit désert .. Une seule solution : la plage. Arrivée en bord de mer, le vent avait redoublé et le froid s'était intensifié. Bouarf .. En fait j'avais l'impression d'être chez moi. Lorsque mes pieds foulèrent le sable, je ne pus résister à la tentation -ô combien gamine- de retirer mes chaussures. Je retirais mes vieilles Converses vertes avachies et j'étais heureuse. Je fis quelque pas, écoutant avec bonheur le vent siffler dans mes oreilles et sentant le sable crisser sous la plante de mes pieds. J'enfonçai ma capuche sur ma tête car le morceau de tissu avait la fâcheuse tendance à vouloir danser avec le vent plutôt qu'à protéger mes oreilles. J'avançai jusqu'à la mer, hurlant et m'enfuyant comme une enfant à l'approche de chaque vague qui aurait eu l'ambition de me lécher les pieds. Puis je revenais. Et je repartais. La laisse de mer et ses nombreux trésors m'attirèrent alors. Je fourrai dans mes poches des dizaines de coquillages, les trouvant beaux ou rigolos. Et je m'amusai comme une petite folle, avec rien. De nouvelles vagues. Je reviens, je repars.